La réponse de l’ONG CPCS

CPCS s’implique dans les rues du Népal avec les milliers d’enfants qui y vivent, souffrent et travaillent. L’ONG dispose actuellement de 25 implantations à travers le Népal, dont 8 dans la vallée de Katmandou. Une partie d’entre elles ont été détruites ou fortement endommagées par le tremblement de terre qui a frappé le Népal le 25 avril 2015, faisant pas loin de 10.000 morts, 20.000 blessés et d’innombrables dégâts.

L’action de CPCS au Népal  s’organise en 3 étapes :

 

LA PRÉVENTION (avant et pendant la vie en rue) : ensemble d’interventions visant, d’une part, à prévenir et éviter l’arrivée de l’enfant en rue et, d’autre part à conscientiser le grand public, les familles et les enfants eux-mêmes sur les réalités de la vie en rue.

En amont de la problématique de la rue, il y a un public d’enfants dit « à risques » qui ne vivent pas dans la rue mais présentent des caractéristiques spécifiques les rendant susceptibles d’y échouer. Nous pensons qu’une organisation qui, par expérience, commence à comprendre les mécanismes propres au monde de la rue doit pouvoir en tirer profit en attaquant le problème à sa source. En 2003, l’ONG a lancé le programme CLASS (CPCS Local Action Support and Services) destiné à traiter le problème de la vie en rue en travaillant directement sur ses causes : problèmes en village, violence familiale, exclusion sociale, consommation d’alcool ou de drogues, absence de planning familial, etc. CLASS a pour objectif précis de s’attaquer aux multiples problèmes que rencontrent les enfants à risques dans certaines localités du Népal où le phénomène se déclenche. Ces enfants à risques essayent souvent de s’échapper de leur village pour trouver refuge autre part. C’est pourquoi CPCS encourage et soutient leur éducation.afin d’essayer de stopper à la source la migration des enfants. Beaucoup de parents, en précarité financière, n’envoient pas leurs enfants à l’école car ils n’ont ni le temps de s’occuper de la scolarité de leurs enfants, ni les moyens financiers de payer les fournitures et autres frais scolaires. Etant souvent illettrés et ne touchant que de maigres revenus, ils accordent peu d’importance à l’éducation de leurs enfants. Beaucoup de ces enfants doivent aussi aider les parents au travail après l’école. Le programme CLASS représente aujourd’hui 17 centres régionaux à travers le pays.

En plus des enfants « à risques », nous avons estimé nécessaire, parallèlement, d’échanger un maximum d’informations sur la rue avec les enfants « des rues » et tous les acteurs concernés : la famille, le grand public, les commerçants, la police, les touristes, etc. Chaque public amené à croiser la route des enfants est plus ou moins concerné par l’une des raisons de sa vie en rue, et nous les abordons avec les publics concernés. Par exemple, si nos acteurs sociaux rencontrent des enfants à risques, c’est davantage sur l’attraction de la ville qu’il faudra travailler. Avec les familles, il serait judicieux de plutôt évoquer la violence à la maison. Avec le grand public, l’image que celui-ci renvoie aux enfants des rues et qui les marginalise davantage, etc.

 

LA RÉDUCTION DES RISQUES (pendant la vie en rue) : ensemble d’actions visant à réduire de manière immédiate les dangers de la vie en rue.

60 à 70% des enfants restent dans la rue. Plutôt que de chercher à tout prix à sortir l’enfant de la rue, l’organisation croit fermement que son rôle premier est de tenter d’atténuer les menaces et dangers d’un tel mode de vie, de pourvoir l’enfant des armes nécessaires pour y répondre : apprendre à lire, écrire, compter, avoir conscience de ses droits, savoir ce que la société entend par bien ou par mal, savoir vivre avec les autres, résister aux drogues, à la prostitution, l’alcoolisme, la violence, avoir accès aux soins médicaux, avoir quelques notions d’hygiène, de respect de soi, avoir un endroit au chaud où dormir et se nourrir. Pour les travailleurs sociaux de CPCS, c’est aussi un premier pas dans la relation avec les enfants vers une éventuelle et progressive réintégration des enfants dans la société, toujours en fonction de leur chemin, de leurs envies et de leurs choix. 

Les différents services proposés aux enfants sont les refuges d’éducation et de socialisation, le système  bancaire, le travail de rue (activités de terrain), la ligne d’urgence (ouverte 24h/24), les services médicaux, le soutien psychologique et la protection légale.

Les refuges de l’organisation CPCS sont nés dans l’espoir d’offrir une zone de paix, de repos et de soutien aux enfants des rues du Népal. Bien que travaillant dans des conditions fort pénibles, ces enfants ne bénéficient pas d’un salaire suffisant pour s’offrir autre chose qu’une banquette de bus ou un porche quelconque pour dormir. Face à ce constat et conscients du drame que représente le travail d’un enfant, nous avons décidé de leur fournir un toit pour la nuit, des soins médicaux, une protection légale, un programme ludique, sportif, culturel et éducatif. Dormir à poings fermés sans craindre les voleurs, la police, les gangs, le froid, la pluie, pouvoir manger à sa faim, jouer, rire, apprendre, pouvoir être enfant tout simplement, sont des droits qu’il est important de faire respecter, malgré tout. Les refuges que nous leur mettons à disposition sont une première étape de socialisation à partir de laquelle l’enfant peut décider, si les conditions le permettent, de passer à l’étape suivante.

 

LA RÉHABILITATION SOCIALE (après la vie en rue) : démarche à plus long terme visant la réintégration progressive et solide de l’enfant au sein de la société.

Cette deuxième étape, bien que suite espérée de la première, n’est atteinte qu’avec la volonté de l’enfant, après quelques mois passés au sein de nos refuges de socialisation. Les programmes de réhabilitation sociale permettent à l’enfant de retrouver une place dans la société par divers chemins. Ceux-ci leur sont proposés en fonction de leur parcours et leur histoire, dans une perspective respectueuse de leurs choix et de leurs rêves : la réhabilitation familiale (premier objectif qui n’est possible que si la famille existe toujours et que les conditions le permettent), la réinsertion scolaire, l’intégration d’une association plus appropriée, un programme sportif et artistique, et aussi un programme spécifique aux jeunes âgés de 16 à 20 ans qui ont décidé de tenter une autre voie que celle qu’ils suivent généralement une fois passé le cap des 16-17 ans (c’est-à-dire rue – délinquance – drogue – marginalité – prison – décès) et qui leur permet de suivre des formations et d’acquérir des qualifications.


 

Chaque jour, jusqu’à 850 enfants sont soutenus par les activités de terrain, 400 à 500 enfants ont recours aux refuges et centres de socialisation ou réhabilitation, 1100 anciens enfants des rues vont à l’école et plusieurs dizaines bénéficient des services médicaux et de soutien juridique.

 

La rue existe, danse, souffre. CPCS se veut être une passerelle entre celle-ci et la société, un pont vers un avenir meilleur, pour les enfants des rues, comme pour le monde qui les entoure.

 

Adresse : G.P.O.Box 8975 – EPC 5173, Dillibazar, Kathmandu, Nepal

Site internet : www.cpcs.international

Email : international@cpcs-nepal.org ou contact@cpcs-nepal.org

Téléphone : 00977-1-4414394 ou 00977-16-224660

Fax : 00977-1-4429897