La situation du pays

Le Népal est un petit pays de 147.181 km² et d’environ 30 millions d’habitants enclavé entre l’Inde et la Chine (région du Tibet). Katmandou en est la capitale. La langue officielle est le népalais et la monnaie est la roupie népalaise. Ce petit pays contient une grande diversité de paysages : paysages tropicaux humides au sud et montagnes himalayennes au nord (les plus hautes du monde, dont l’Everest).

Jusqu’en 1951, le Népal était encore un royaume fermé aux étrangers. Les principales ressources économiques du pays provenaient alors de l’agriculture. Si le Népal est très vite devenu la destination privilégiée des hippies, le pays a attiré ensuite de nombreux touristes (pour le trekking, l’alpinisme, le VTT, les safaris, le rafting) ainsi que de nombreux occidentaux en mal de spiritualité (pour les innombrables temples et lieu de culte).

Ce pays est l’un des plus pauvres et des moins développés au monde avec 42% de sa population vivant au-dessous du seuil de pauvreté. Le Népal est composé de plus de 60 ethnies et castes différentes. L’hindouisme est la religion partagée par environ 80% des Népalais et le bouddhisme est la deuxième religion du pays.

Après avoir connu une succession de régimes monarchiques absolus, le Royaume du Népal est devenu en 1990 une monarchie constitutionnelle. En 1996, l’instabilité politique gagne du terrain lorsque le Parti communiste du Népal (maoïste) décide de mener une insurrection (la « guerre populaire népalaise) pour l’abolition de la monarchie et des structures féodales, afin d’établir une « république populaire ». L’arrivé sur le trône en 2001 du roi Gyanendra – suite à l’assassinat du roi Birendra, son frère – n’a rien arrangé. Le nouveau roi, très impopulaire, a été rapidement accusé d’être opposé au multipartisme. Il a tenté d’exercer le pouvoir seul en suspendant le parlement et les libertés fondamentales. En 2006, une grève générale en faveur de la démocratie fait céder le souverain et permet au parlement d’être rétabli. En 2007, un nouveau gouvernement de transition, composé de représentants des principaux partis politiques népalais dont cinq ministres appartenant à l’ex-guérilla maoïste, a été mis en place. Cette même année, le Parlement provisoire approuve à 270 voix contre 3 une résolution prévoyant l’abolition de la monarchie après l’élection, en 2008, d’une assemblée composée d’un tiers de maoïstes. Celle-ci est chargée de rédiger une nouvelle Constitution et déclare le Népal comme étant « un État fédéral, démocratique et républicain ».

Malheureusement, cette assemblée constituante ne s’entend pas sur le texte d’une nouvelle constitution et s’auto-dissout en 2012, ouvrant une crise politique. En 2013, un Conseil Électoral Intérimaire constitué d’anciens hauts fonctionnaires permet d’organiser de nouvelles élections. Elles sont remportées par des partis traditionnels comme le Congrès népalais et le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), au détriment des maoïstes.

En 2015, un terrible tremblement terre de magnitude 7.8 frappe le pays faisant pas loin de 10.000 morts, environ 20.000 blessés et d’innombrables dégâts. Le gouvernement est fortement critiqué pour sa gestion de la crise. Quelques mois plus tard, la Constitution est adoptée, non sans violences et manifestations. Certaines minorités s’estiment lésées par le redécoupage des frontières intérieures et leur représentation dans les institutions, et les féministes dénoncent une régression du statut des femmes. Des manifestants de la minorité Madhesis dans le Sud du Népal, décident de bloquer un point de passage névralgique à la frontière avec l’Inde pour s’opposer à la nouvelle constitution, entraînant un blocus de 5 mois. Plus rien n’entre au Népal, ni le carburant, ni les vivres de première nécessité, ni les médicaments. Déjà profondément éprouvé par un séisme, le Népal est alors plongé dans une crise alarmante. Le gouvernement consent à donner satisfaction à une partie des revendications des Madhesis et la fin du blocus est déclarée en février 2016. A la catastrophe naturelle et la crise politique nationale, s’ajoute une crise politique avec son voisin indien qui ne voit pas d’un bon œil que la nouvelle Constitution fasse du Népal une république fédérale « laïque » alors qu’il souhaiterait qu’il devienne un « Etat hindou ».

Le Népal poursuit donc son difficile et chaotique apprentissage de la démocratie. La tâche est compliquée en raison de la fragilité du système économique, l’extrême pauvreté, l’analphabétisme, les dissensions ethniques et le taux de croissance démographique.